Fuir le fructose ajouté dans les produits agroalimentaires et manger des fruits… entiers !

Fin janvier 2015, la toile se faisait l’écho d’un article scientifique publié en ligne jeudi 29 mars dans le Mayo_Clinic_Proceedings mettant en garde contre la consommation excessive de fructose (voir notamment l’article publié en ligne le 30 janvier 2015 sur le site du Monde). Cette préoccupation est cruciale puisqu’il est démontré qu’un lien existe entre sucres ajoutés et développement du diabète de type 2 comme des risques cardiovasculaires (ainsi que des caries et de la prise de poids). Plus précisément, les résultats de l’étude mettent en cause, parmi les sucres ajoutés, le fructose ajouté.

Chacun est libre d’aller consulter cet article et les lecteurs de ce blog intéressés par les questions soulevées par notre alimentation sont peut-être déjà au fait de ces résultats. Ce que je souhaite mettre en avant à l’occasion de ce billet est qu’il est fondamental de dissocier les concentrations de fructose ajouté dans les produits transformés issus de l’industrie agroalimentaire, d’une part, et de fructose naturellement présent dans les fruits, d’autre part.

Les proportions présentes dans le sirop de fructose ajouté dans la plupart des produits industriels sont sans commune mesure avec les proportions de fructose présent dans un fruit ou un légume. Ainsi, d’après l’article scientifique, le poids du sirop de maïs à haute teneur en fructose, utilisé par l’industrie agroalimentaire pour sucrer ses produits, est constitué à 50% de fructose, alors que le fructose présent dans une pêche ne représente qu’1% du poids du fruit. En outre, au-delà du fructose, consommer un fruit apporte des nutriments bénéfiques à l’organisme (par exemple : fibres, vitamines, antioxydants, minéraux, eau). Ainsi, les aliments naturels contenant du fructose (fruits et légumes) sont meilleurs pour la santé qu’un certain nombre de produits transformés, et sont même plutôt protecteurs contre le diabète et les soucis cardiovasculaires.

Attention, l’article apporte une précision qui paraît moins évidente de prime abord, mais qui est tout à fait cohérente avec l’idée que ce qui importe, c’est la concentration en fructose : la consommation de jus de fruits est, comme le fructose ajouté dans les aliments, associée à une augmentation du diabète et à la prise de poids. Les jus de fruits (mêmes produits avec 100% de fruits et sans sucre ajouté) présentent des concentrations élevées en fructose (1) puisqu’ils sont, pour ainsi dire, le résultat de l’extraction du fructose du fruit. Et plus précisément, ils sont le résultat de l’extraction du fructose des fruits, puisque dans un verre de jus de fruits, il y a plusieurs fruits: en buvant un verre de jus de pommes, c’est en fait plusieurs fois la teneur en fructose d’une pomme que l’on ingère.

Il apparait donc fortement conseillé de consommer des fruits entiers, parce que la concentration en fructose pour 100 grammes de fruits y est raisonnable (pêche : 1 gramme ; framboise : 2 grammes ; fraise : 2 grammes ; pomme : 6 grammes ; raisin : 7 grammes) et parce qu’ils apportent d’autres nutriments intéressants pour l’organisme. Et quitte à manger des aliments pauvres en sucres mais bons pour la santé, on peut aussi bien sûr consommer des légumes !

(1) Pour illustration, un verre de 250 mL de jus de pommes pur à 100% (sans sucre ajouté) d’une marque connue contient 27 g de sucres.

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